Culture//: 8e édition du Festival Sud-Comoé Agnintié : l’orpaillage clandestin au cœur des débats

(De la gauche vers la droite) Ehui K. Bernard – Sénateur, Kouadio Alexandre – Préfet de Tiapoum – Préfet du Sud-Comoé par intérim, Aka Aouélé – Président du CESEC, Président du Conseil régional du Sud-Comoé, Animan Paul – Commissaire Général du festival

La 8e édition du Festival Sud-Comoé Agnintié se tiendra du vendredi 20 au dimanche 29 mars 2026, avec une cérémonie officielle prévue le samedi 28 mars. Le lancement de cet important rendez-vous culturel et de réflexion s’est déroulé dans la salle des « Pas perdus » du Conseil économique social environnemental et culturel (CESEC), à Abidjan, en présence des autorités administratives, coutumières, des élus locaux, de la presse et d’un public mobilisé.

Le Pr Aka Aouélé Eugène entouré par les chefs coutumiers et des chefs administratifs
Le Pr Aka Aouélé Eugène entouré par les chefs coutumiers et des chefs administratifs

Organisée par le Conseil Régional du Sud-Comoé, cette cérémonie solennelle visait à annoncer la tenue effective du festival, à exprimer la reconnaissance des organisateurs envers leurs partenaires et à appeler à de nouveaux soutiens pour garantir la pleine réussite de l’événement.

Une ouverture riche en symboles culturels

Prestation de la danse royale des N’Zima Kôtôkô

La cérémonie a débuté par une animation culturelle marquée par la danse royale des N’Zima Kôtôkô, symbole fort de l’identité culturelle locale. Ce moment d’expression patrimoniale a été suivi de la projection d’un film retraçant les temps forts de la précédente édition, ravivant souvenirs et fierté collective.

Le Commissaire général, M. Animan Paul, a ensuite présenté les ambitions de cette nouvelle édition ainsi que le programme détaillé. Au menu : panels thématiques, expositions, prestations artistiques, rencontres culturelles et espaces d’échanges entre communautés.

M. Animan Paul – Commissaire général du Festival Sud-Comoé Agnintié

Créé en 2017, le Festival Sud-Comoé Agnintié s’impose, année après année, comme un véritable « trésor commun » pour les populations de la région, alliant valorisation des traditions et réflexion sur les défis contemporains.

L’orpaillage clandestin, un enjeu majeur

Placée sous le thème : « Orpaillage clandestin ou illicite dans le Sud-Comoé : état des lieux et solutions », cette 8e édition entend aborder une problématique devenue cruciale pour la région.

Dans son allocution d’ouverture, Son Excellence Aka Aouélé, Président du CESEC et Président du Conseil Régional du Sud-Comoé, a salué l’engagement constant des partenaires avant d’annoncer l’organisation de plusieurs panels thématiques, dont un majeur consacré à l’orpaillage clandestin.

Aka Aouélé - Président du CESEC et Président du Conseil Régional du Sud-Comoé
Aka Aouélé – Président du CESEC et Président du Conseil Régional du Sud-Comoé

Il a dressé un constat sans équivoque :

« Ce phénomène loin d’être marginal s’est progressivement mué en une menace grave et multiforme. »

Selon lui, l’orpaillage clandestin met en péril l’environnement, compromet la santé des populations et fragilise la cohésion sociale. Forêts dévastées, sols éventrés, cours d’eau pollués par des substances toxiques telles que le mercure et le cyanure : les impacts écologiques sont alarmants. Les communautés riveraines font face à la précarité, à la multiplication des maladies et à la dégradation progressive de leurs conditions de vie.

Sur le plan économique, les pertes sont considérables, avec des dizaines de tonnes d’or qui quitteraient illégalement le pays chaque année, privant l’État de ressources essentielles pour financer écoles, hôpitaux et projets de développement.

« Notre ambition est d’apporter une contribution structurée, éclairée et durable à l’éradication définitive de ce phénomène dévastateur », a-t-il affirmé.

Un colloque scientifique réunira autorités administratives et politiques, forces de défense et de sécurité, chefferies traditionnelles, experts et populations riveraines afin de formuler des propositions concrètes.

Hommage et ouverture interrégionale

Les chefs coutumiers de la région du Sud-Comoé ont répondu massivement

La cérémonie de lancement a également été marquée par une minute de silence en mémoire de deux fils engagés du Sud-Comoé, Gnamien Kadjo et Emolo, disparus récemment.

Autre annonce importante : le Royaume de Kong sera le peuple à l’honneur lors de cette 8e édition. Une initiative rendue possible grâce à l’accord donné par le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, par ailleurs Président du Conseil régional de Kong. Ce choix illustre la volonté des organisateurs de renforcer les liens culturels et institutionnels entre les régions.

Une édition mobilisatrice en perspective

La cérémonie s’est achevée par des échanges fructueux avec les invités. Ce lancement marque ainsi le point de départ d’une édition qui s’annonce riche, mobilisatrice et engagée, réaffirmant la volonté des autorités régionales de faire du Festival Sud-Comoé Agnintié un cadre de promotion culturelle, de sensibilisation citoyenne et de développement durable pour toute la région.

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